Cécile Brocas
CHANTEUSE

Communiqué de Presse - That Was a Dream
« That Was a Dream » ou l’enchantement de l’enfantement… C’est peu de temps
avant de donner naissance à son premier enfant que Cécile Brocas a enregistré son
premier album. Deux bébés coup sur coup ! Un disque de standards et une petite
Laura. Ses débuts discographiques certes, mais ça faisait un moment qu’on pouvait
entendre Cécile Brocas en club avec cette section rythmique qui lui va comme un
gant : Fred Nardin pour le piano et les arrangements, Fabien Marcoz à la
contrebasse et Romain Sarron à la batterie.
Plus un « frère souffleur » en la personne du saxophoniste Baptiste Herbin. Elle lui
confie une seconde voix, un scat imaginaire, il lui rend un lyrisme échevelé. Lointain
écho de Cannonball Adderley au côté de Nancy Wilson ou de Clifford Brown
parrainant le premier album d’Helen Merrill… Sauf que Baptiste est l’ovni que l’on
connait et que Cécile est déjà étonnamment singulière. Ce que Philippe Lévy-Stab,
triple amoureux du noir et blanc, du format carré et de l’argentique, a su mettre en
image pour la photo de couverture.
Bien avant d’embrasser le jazz à pleine voix, Cécile a pris un immense plaisir au sein
de deux des ensembles gospel et R’n’B-soul les plus côtés de la capitale. C’est là
qu’elle a forgé sa maitrise vocale, tant sur la précision que sur la mise en place
rythmique. La pratique du gospel a aussi développé son élan vers l’émotion, sans
artifice. Les circonstances de l’enregistrement, à la fin de la grossesse, lui ont fait
privilégier la douceur sur la puissance du souffle. La justesse d’interprétation, Cécile
Brocas la puise dans l’expérience humaine et l’attention aux autres acquises dans
ses années de soignante, comme kiné. Après avoir touché pour guérir, voilà qu’elle
touche en plein cœur.
« That Was a Dream » livre un choix de standards bénéficiant d’arrangements
subtilement décalés de la part de Fred Nardin : le choix d’une compo de Monk, rare
pour les vocalistes et d’où vient le titre du disque ; le changement de tonalité pour
You’d Be So Nice ; la présence de l’orgue pour Peace (pas prévu, mais il y en avait
un dans le studio) ; la présence de la guitare d’Hugo Lippi en deux occasions
(Skylark et Peace) et la coloration des percussions d’Inor Sotolongo sur la moitié de
l’album.
Histoire de mettre en perspective ce florilège du grand répertoire américain, deux
chansons françaises et un petit bijou original viennent faire exception. Plutôt que de
reprendre What Are You Doing the Rest of Your Life? de Michel Legrand, Cécile
Brocas a préféré sa version française, Que feras-tu de ta vie ? Émotion dilatée pour
un texte limpide et habité. Et c’est à Fred Nardin, qui préparait des arrangements
pour Pascal Obispo, que Cécile doit d’avoir craqué sur La Muraille de Chine d’Henri
Salvador. Ça tombait bien pour elle qui a pas mal bourlingué en Asie.
Et cerise sur le gâteau, un cadeau tombé du ciel, une chanson originale : All I’ve
Ever Really Wanted. Deux semaines avant la séance d’enregistrement, après un
concert de Melody Gardot au Duc des Lombards, Cécile Brocas se glisse sur scène
lors de la jam qui suit. Quand elle se rassoit, Philippe Powell est sur le siège voisin, il
a adoré et lui propose spontanément de lui écrire une chanson. Il sollicite Jesse
Harris pour les paroles et, bingo, la chanson arrive à temps. Il y a des débuts plus
compliqués. Le rêve continue, l’évidence aussi.
Alex Dutilh